La biomasse est utilisée pour satisfaire les besoins en énergie au Viêt Nam.
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Accès à l’énergie grâce à la biomasse – quel type et à quelles fins ?

La sixième réunion du réseau Bonn Network « Bioenergy for Development » (la bioénergie au service du développement) était consacrée au sujet « Accès à l’énergie grâce à la biomasse – quel type et à quelles fins ? ». Le réseau Bon Network a été créé en avril 2012 pour encourager des échanges sur les questions de la bioénergie dans le contexte de la coopération pour le développement. Toutes les manifestations ont été organisées par l’Institut allemand de développement (DIE) et la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ).

La dernière réunion du réseau Bonn Network « Bioenergy for Development » s’est déroulée fin juin à Bonn. Elle a mis l’accent sur la façon dont plus de quatre milliards de personnes dépendant du bois de chauffage, du charbon de bois et de résidus agricoles pour cuire leurs aliments ou non approvisionnés en électricité peuvent avoir accès à l’énergie de la biomasse. Cette énergie est utilisée dans les ménages (cuisson des aliments, chauffage, réfrigération) et à des fins productives, par exemple pour labourer ou irriguer, pour transformer les aliments ou pour le transport.

Quatre intervenants ont échangé des informations relatives à l’évolution du secteur bioénergétique et aux divers types d’énergie utilisés dans les pays africains et asiatiques. M. Shunichi Nakada, de l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA), a cité l’initiative Énergie durable pour tous des Nations unies, qui vise à assurer l’accès universel aux services énergétiques modernes d’ici à 2030 et qui propose également de doubler le taux mondial d’amélioration de l’efficacité énergétique et la part des énergies renouvelables dans l’offre énergétique mondiale. C’est dans le cadre de cette initiative qu’a été créée l’opportunité à fort impact de bioénergies durables (Sustainable Bioenergy High Impact Opportunity). Elle a pour objectif de partager les connaissances et d’offrir un soutien dans les domaines de l’élaboration de politiques, de la préparation de projets et du financement. Selon l’IRENA, la consommation mondiale d’énergies renouvelables devrait progresser de 110 pour cent d’ici à 2030. La bioénergie représentera environ 60 pour cent de cet accroissement. Le secteur du bâtiment consomme actuellement les trois quarts de la consommation totale d’énergies renouvelables. D’ici à 2030, la biomasse traditionnelle sera en grande partie remplacée par la biomasse moderne et le secteur industriel fera une consommation considérable d’électricité renouvelable.

M. Rainer Janssen, de l’institut privé WIP – Renewable Energies, a donné des précisions sur le potentiel des mini-réseaux dans les villages et les villes de l’Afrique rurale. Il existe actuellement de nombreux mini-réseaux diesel. Il serait possible de les remplacer par des générateurs alimentés par des biocombustibles liquides. Par ailleurs, il serait possible d’accroître la production de biogaz à partir de déchets organiques ou de la combustion de biomasses solides et de déchets agricoles. Plusieurs exemples de telles réalisations existent déjà au Bénin, en Inde, au Mali, en Sierra Leone et en Tanzanie. Ainsi, un résidu de la production de sucre, la bagasse, est utilisé pour produire de l’électricité dans certaines exploitations agricoles. L’excédent d’électricité produite peut alimenter le réseau. Ce qu’il faut, c’est un environnement favorable offrant des perspectives à long terme, ainsi qu’un cadre de durabilité transparent facile à mettre en œuvre.

Heinz Sturm de la Fondation International Clean Energy Partnership (ICEPS), qui a également mis sur pied le centre de technologie climatique près de Bonn, en Allemagne, a défendu l’idée selon laquelle les technologies allemandes pourraient grandement contribuer à faciliter l’accès à l’énergie dans les zones éloignées d’Afrique. Il a proposé d’utiliser la biomasse disponible telle que les résidus agricoles,  les boues ou les cultures énergétiques pour produire du biogaz à usage domestique. Cela réduirait les risques pour la santé causés par les fumées intérieures et protégerait le climat.

Mme Dorothea Otremba, du projet « HERA – Poverty Oriented Modern Energy Services » (services énergétiques modernes axés sur la lutte contre la pauvreté) de la GIZ, a mis l’accent sur la biomasse solide et les résidus agricoles qui sont les principales sources d’énergie dans les zones rurales d’Afrique et d’Asie. Elles fournissent souvent plus de 90 pour cent de l’énergie primaire consommée dans les pays africains. Mme Otremba a fait la distinction entre l’énergie thermique, qui est critique pour la survie, et l’énergie électrique, qui est utilisée pour l’éclairage, la réfrigération et les communications. Cette dernière contribue à améliorer la qualité de vie et favoriser le développement humain, mais les gens peuvent survivre sans elle. Il existe deux solutions pour améliorer la durabilité de l’utilisation du bois et pour réduire la déforestation. La première consiste à diminuer les besoins de combustibles en améliorant la qualité des fourneaux, et l’autre à accroître l’approvisionnement en bois de chauffage grâce à la plantation d’arbres sur des terrains privés. Pour planifier un approvisionnement durable de combustibles à base de bois répondant à la demande, le projet HERA a élaboré une approche multipartite détaillée dans le guide de planification des bioénergies (Biomass Energy Sector Planning Guide). 

Au cours de la discussion qui a suivi, les participants ont convenu que la bioénergie offre un potentiel considérable d’accès à l’énergie, notamment dans les zones rurales. Toutefois, il n’y a pas d’investissements dans les énergies renouvelables et plus particulièrement dans les bioénergies sans pressions externes et sans cadre réglementaire favorable. Les investissements initiaux sont relativement importants en ce qui concerne les énergies renouvelables et l’attribution de subventions ou l’application de tarifs de rachat sont généralement nécessaires. Les questions de bioénergie sont complexes et nécessitent l’engagement de divers acteurs (producteurs agricoles, commerçants, exploitants des installations, etc.). Les questions de durabilité doivent également être prises en compte.

Les participants ont cherché à savoir ce qui pourrait encourager les gens à investir dans les énergies renouvelables. La nécessité de solutions permettant d’améliorer la rentabilité de la technologie a été citée. Il faut également qu’il existe une demande énergétique et un pouvoir d’achat suffisants. Dans les zones rurales, il est fréquent que les compagnies d’électricité ou les instances d’électrification rurale subventionnent les raccordements de sorte que les ruraux paient les mêmes prix que les consommateurs raccordés au réseau. Les énergies renouvelables ne peuvent être concurrentielles que si les formes d’énergie traditionnelles atteignent un certain niveau de prix. Par exemple, l’utilisation de fourneaux améliorés n’est intéressante que si le bois a un coût. Si du bois est disponible dans des zones de libre accès, il est inutile d’investir dans l’amélioration des technologies de cuisson des aliments. Il importe de créer des filières auxquelles les gens peuvent participer et qui leur offrent une chance de mieux gagner leur vie. Il est impératif que les personnes concernées perçoivent clairement les avantages offerts par les nouvelles technologies dans leur vie quotidienne.

Contact: Katja.Albrecht@giz.de; Michael.Bruentrup@die-gdi.de