Rapport mondial sur la nutrition 2020

Selon le rapport, la lutte contre la malnutrition progresse trop lentement. Les auteurs insistent sur la nécessité de modifier les systèmes alimentaires mondiaux et appellent les gouvernements, les entreprises et la société civile à intensifier leurs efforts pour lutter contre la malnutrition sous toutes ses formes.

Le dernier rapport mondial sur la nutrition publié en mai 2020 souligne qu’il est plus urgent que jamais de lutter contre la malnutrition sous toutes ses formes en s’attaquant aux inégalités des systèmes alimentaires et sanitaires. La pandémie de COVID-19 a mis en évidence la faiblesse des systèmes alimentaires et sanitaires, touchant de manière disproportionnée des populations déjà vulnérables.

Aujourd'hui, une personne sur neuf dans le monde souffre encore de la faim ou de malnutrition et 149 millions d'enfants de moins de 5 ans accusent un retard de croissance. Parallèlement, le monde compte aujourd'hui bien plus de personnes en surpoids ou obèses qu'en insuffisance pondérale, et ce, quel que soit leur tranche d’âge. Une personne sur trois est ainsi en surpoids ou obèse.

Malgré ces chiffres, les pays ne sont généralement pas préparés à faire face à cette crise mondiale qu’est la malnutrition. La coordination gouvernementale en matière de nutrition fait souvent défaut ; les pays à faible revenu ont tendance à ne pas accorder d'importance aux problèmes de surpoids, d'obésité et de maladies chroniques liées à l'alimentation.

Les engagements financiers ne reflètent pas non plus l'ampleur et la nature du problème : depuis 2013, les ressources nationales dédiées à la nutrition ont, dans le meilleur des cas, augmenté de façon très marginale, et les attributions d'aide au développement ne tiennent pratiquement pas compte des besoins en matière de lutte contre l'obésité et le surpoids.

Les modèles mondiaux et nationaux cachent d'importantes inégalités au sein des pays et des populations, les groupes désavantagés étant les plus touchés. Le rapport présente les liens évidents qui existent entre les niveaux de malnutrition et les caractéristiques de la population, comme le lieu, l'âge, le sexe, l'éducation et la richesse, tandis que les conflits et d'autres formes de fragilité aggravent le problème. Les différences entre les communautés et au niveau local sont frappantes.

Pour un changement dans les systèmes alimentaires mondiaux 
 

Selon le rapport, les systèmes agricoles existants se concentrent toujours sur la production de céréales de base comme le riz, le blé et le maïs, plutôt que sur une gamme d'aliments plus variés et plus sains, comme les fruits, les noix et les légumes. Dans de nombreuses régions du monde, les aliments frais ou périssables sont moins accessibles et moins abordables que les céréales de base.

Les aliments transformés, en particulier les aliments ultra-transformés, sont disponibles en très grandes quantités et à moindre prix, et les ventes sont élevées et en forte croissance dans de nombreuses régions du monde. En Afrique subsaharienne, le développement des chaînes de supermarchés diminue le rôle des commerçants informels et affecte les choix alimentaires des individus. Ces changements exigent des ressources en matière de politiques et de planification pour promouvoir la réalisation des objectifs visés en matière de nutrition, disent les auteurs.

Des solutions ont commencé à voir le jour dans le monde entier et sont mises en œuvre par de plus en plus de pays, tels que l'Inde, le Nigéria, le Pérou et la Thaïlande, entre autres. Ces solutions comprennent notamment l'augmentation des investissements publics pour des produits alimentaires plus sains, le soutien à des chaînes d'approvisionnement plus courtes pour les programmes de livraison de produits frais, l'utilisation d'instruments fiscaux tels que les taxes sur les boissons sucrées (actuellement appliquées dans 73 pays), la réduction de la publicité pour les produits alimentaires industriels, la reformulation des produits alimentaires, ou encore l'utilisation de l'étiquetage sur le devant des emballages (FOPL) pour informer les consommateurs et influencer le comportement de l'industrie, mesure déjà adoptée par le Chili et le Royaume-Uni. Toutefois, il reste encore beaucoup à faire.

Établir le lien entre santé et nutrition


La malnutrition sous toutes ses formes est devenue la principale cause de mauvaise santé et de décès, et l'augmentation rapide des maladies chroniques liées à l'alimentation exerce une pression énorme sur les systèmes de santé. Mais malgré cette évaluation, les mesures prises en matière de nutrition ne représentent qu'une part minuscule des budgets nationaux de santé, alors qu'elles peuvent constituer des solutions très rentables, voire économiques. La récente initiative « Transformation of Aspirational Districts » lancée en Inde est un exemple d'intégration et de fourniture réussies de services de nutrition équitables dans le cadre d'un effort plus large de transformation des soins de santé.

(GNR/ile)

Téléchargez le résumé du Rapport mondial sur la nutrition 2020 (en français) 

Consultez le site web du Rapport mondial sur la nutrition 2020 (en anglais)