La Conférence des Parties de la CNULCD s’est déroulée en octobre à Ankara/Turquie.

La Conférence des Parties de la CNULCD s’est déroulée en octobre à Ankara/Turquie.
Photo: Walter Engelberg

12ème session de la Conférence des parties de la CNULCD

Lors de la 12ème session de la Conférence des parties de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD), qui s’est déroulée cette année en octobre, le rôle de la CNULCD dans le domaine de la gestion durable des terres et des sols a été renforcé.

La Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD) adoptée en 1994 est une des trois conventions de Rio (les autres étant la CCNUCC et la CBD). L’Allemagne est non seulement membre de la CNULCD (avec le BMZ comme point focal) mais elle accueille également son secrétariat installé à Bonn. Le projet sectoriel de la GIZ visant à lutter contre la désertification (projet CCD) soutient le BMZ depuis 1995 dans son rôle d’hôte et en le conseillant sur toutes les questions liées à la désertification, la dégradation des terres et la gestion durable des terres. Depuis 2011, le projet CCD accueille également le secrétariat de l’Initiative « Economics of Land Degradation (ELD) ».

La CNULCD a pour rôle et mission de promouvoir la gestion durable des terres (GDT) et de lutter contre la dégradation des terres arides (désertification). En Afrique, tout particulièrement, l’intérêt porté aux terres arides a été important dans la mesure où près de 50 pour cent des terres du continent sont couvertes par des zones arides. Environ 65 pour cent des terres agricoles africaines ont déjà atteint un certain niveau de dégradation et ce problème touche au moins 485 millions de personnes.

Toutefois, la dégradation des terres est un problème mondial dont on a de plus en plus conscience et dont il est tenu compte dans de nombreux objectifs de l’Agenda 2030 pour le développement durable et notamment dans sa cible 15.3 qui est la suivante : « D’ici 2020, lutter contre la désertification, et restaurer des terres dégradées et des sols, y compris les terres touchées par la désertification, la sécheresse et les inondations, et s'efforcer de parvenir à un monde neutre pour la dégradation des terres ».

La 12ème session de la Conférence des parties  (COP-12) de la CNULCD s’est déroulée en octobre à Ankara, Turquie, et environ 4 000 personnes y ont participé. Pendant les deux semaines qu’elle a duré, 23 décisions ont été négociées et adoptées. D’une manière générale, on peut dire que les décisions prises amélioreront considérablement la pertinence politique de la CNULCD.

Un objectif commun : la neutralité de la dégradation des terres

Pour la première fois, la CNULCD a adopté un objectif commun – la neutralité de la dégradation des terres (NDT) – et les parties à la convention ont reconnu le rôle que la CNULCD sera en mesure de jouer pour les processus politiques environnementaux et de développement à l’échelle mondiale. La définition universelle de la NDT adoptée en commun est la suivante : la neutralité de la dégradation des terres est un état dans lequel la quantité et la qualité des ressources terrestres nécessaires pour soutenir les fonctions et services des écosystèmes et améliorer la sécurité alimentaire restent stables ou augmentent dans des échelles temporelles et spatiales et des écosystèmes spécifiés. Les pays membres de la CNULCD doivent maintenant s’engager dans la formulation d’objectifs nationaux volontaires pour la NDT et dans leur mise en œuvre. Commandité par le BMZ, le projet CCD de la GIZ  s’engage à piloter la mise en œuvre de la NDT en Namibie et, éventuellement, également au Costa Rica.

Synergies des conventions de Rio

Les décisions de la COP-12 renforcent également les synergies entre les conventions CCNUCC, CBD et CNULCD. S’il est évident qu’il existe un lien entre atténuation et adaptation terrestres, conservation de la biodiversité, gestion durable des terres et réhabilitation des terres, la mise en œuvre pratique des synergies des conventions est restée à la traîne. À Ankara, on a vu dans l’utilisation d’indicateurs terrestres communs tels que les tendances de la couverture terrestre, les tendances de la productivité des terres et les tendances du stockage du carbone aérien et souterrain, entre autres, un potentiel d’intensification considérable de la coopération entre les trois secrétariats des conventions. Par ailleurs, pour les activités liées à la GDT et à la réhabilitation des terres, la mobilisation de fonds de financement de la lutte contre le changement climatique sera ciblée par le secrétariat de la CNULCD. 

Conseils scientifiques à la CNULCD 

Pour améliorer les connaissances scientifiques nécessaires aux décisions politiques à l’échelle nationale et internationale, la CNULCD a créé une interface sciences/politiques (ISP) en 2013. Des améliorations structurelles et formelles visant à accroître l’efficacité des conseils scientifiques communiqués à la CNULCD ont été adoptées, tout comme l’a été un programme de travail ambitieux pour les deux années suivantes. Les principaux domaines d’activité de l’ISP consisteront à sous-tendre la mise en œuvre scientifique des objectifs volontaires nationaux de NDT et à poursuivre l’exploration de la contribution que peuvent apporter la gestion durable des terres et la réhabilitation des terres à l’adaptation au changement climatique et à son atténuation.