Malnutrition: mieux vaut prévenir que guérir!
Prévenir la dénutrition est bien plus efficace que la traiter: Telle est la conclusion d’une étude conduite par l’International Food Policy Research Institute (IFPRI), l’université Cornell et Vision mondiale Haïti, et soumise au projet FANTA qui est géré par l’Academy for Educational Development et fi nancé par l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID).
L’étude conduite à Haïti a permis d’établir que ces indicateurs de la malnutrition
que sont le retard de croissance, l’insuffi sance pondérale et l’émaciation des enfants sont respectivement de 4 pour cent, 6 pour cent et 4 pour cent moindres chez les enfants des communautés pauvres qui participent à des programmes de prévention que chez ceux qui participent à des programmes de récupération. Elle comparait l’impact de deux programmes de Vision mondiale sur l’état nutritionnel des enfants – tous deux comportant de l’aide alimentaire et des interventions en matière de santé et de nutrition. La première
approche fournissait une assistance de neuf mois à des enfants âgés entre six mois et cinq ans dès lors qu’ils présentaient une insuffi sance pondérale. La seconde ciblait tous les enfants âgés de six à vingt-quatre mois jusqu’à ce qu’ils aient atteint l’âge de deux ans. Les deux programmes englobaient également des femmes enceintes et allaitantes.
Les chercheurs ont testé les différences entre les niveaux de sous-nutrition chez des enfants de douze à 41 mois à l’aide d’une enquête de base et d’une autre enquête effectuée trois ans plus tard. Les conclusions de ces recherches ont montré de façon constante que lesbénéfi ces non seulement en termes de croissance en bas âge, mais aussi de performances physiques, cognitives et en matière de reproduction étaient d’autant plus grands que les apports alimentaires sont assurés à un âge précoce et pendant plus longtemps avant que les enfants atteignent l’âge de deux ans. Les deux premières années de la vie sont une période cruciale pour le développement physique et cognitif d’un enfant.
Selon Lesly Michaud, coordinatrice de santé maternelle et infantile pour Vision mondiale Haïti, l’étude a complètement changé l’approche adoptée par Vision mondiale pour lutter contre la malnutrition des enfants. Selon elle, la plupart des programmes de santé et de nutrition infantile et maternelle offrant de l’aide alimentaire ne visent que les enfants de 5 ans ou moins souffrant d’une insuffi sance pondérale, constatée dans le cadre des activités de suivi de la croissance. À la lumière des résultats de ces recherches, Vision mondiale et
d’autres ONG axent à présent leur aide alimentaire ainsi que leurs programmes de santé maternelle et infantile et de nutrition sur tous les enfants âgés de moins de 2 ans dans les communautés pauvres d’Haïti, ainsi que dans certains autres programmes nationaux.
(ib)



