Afrique: les investissements en faveur de la santé ne profi tent pas aux pauvres
En dépit d’investissements plus importants dans les services de santé en Afrique, la couverture des populations pauvres n’est toujours pas entièrement assurée. Selon un rapport de la Banque mondiale, le manque de personnel de santé adéquatement formé, en particulier dans les zones rurales éloignées, fait obstacle à la prestation de services de santé. Les populations pauvres ne sont souvent pas en mesure de profi ter des investissements plus importants consentis aux programmes de santé, car il n’est pas possible de les transposer dans la pratique. Dans la plupart des pays d’Afrique sub-saharienne, les professionnels de la santé bien formés vivent principalement dans les villes et dans les régions plus prospères. Selon la Banque mondiale, les villes de Zambie comptent vingt fois plus de médecins et cinq fois plus d’infi rmières que les zones rurales. Au Malawi, plus de 96 pour cent des médecins travaillent dans des établissements de santé urbains, alors que 87 pour cent de la population vivent en milieu rural. Dans les régions plus prospères du Burkina Faso, on recense une sage-femme pour 8 000 habitants, alors que ce ratio est de 1 sur 430 000 dans les régions plus pauvres. De nombreuses zones rurales necomptent aucun médecin ni infirmière pour prodiguer des soins aux pauvres. La plupart des professionnels de la santé préfèrent travailler en ville parce qu’ils peuvent ici gagner plus, se spécialiser et, surtout, jouir d’un statut professionnel plus élevé et d’une meilleure qualité de la vie.
En 2006, la Banque mondiale a, avec un cofi nancement de la Fondation Gates et de l’Agence norvégienne d’aide au développement (Norad), démarré un programme dont l’objet était d’aider les gouvernements d’Afrique sub-saharienne à concevoir et à mettre en oeuvre des solutions au problème des ressources humaines en matière de santé, spécialement adaptées aux conditions des pays. De premiers succès sont visibles dans certains pays. En Éthiopie, par exemple, plus de 27 000 femmes actives dans le secteur de la santé ont été formées et travaillent à présent dans des régions éloignées. Presque toutes les communautés ont à présent accès à des services de santé curative et préventive de base.
(sri)
De plus amples informations sont disponibles sous: http://go.worldbank.org/IUY3J2M0A0



