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Les prix restent élevés, la famine augmente


Les prix agricoles resteront élevés et fluctueront encore davantage à l'avenir, ce qui entraînera que plus de gens pauvres, avant tout dans les villes et les pays du Sud, souffriront de sousalimentation. En même temps, les pays en développement et les économies émergentes produiront davantage de denrées alimentaires. Ce sont là les projections faites par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), dans leurs perspectives agricoles 2008-2017.

Certes les prix agricoles ne resteront pas au niveau record atteint actuellement, mais les économistes s’attendent dans les années 2008 à 2017 à un relèvement des prix de référence nominaux qui, selon les produits, s’élèverait entre 20 à 80 pour cent par rapport à la décennie passée – 20 pour cent pour la viande bovine et porcine, 30 pour cent pour le sucre, 40 à 60 pour cent pour le blé, le maïs et le lait écrémé en poudre, plus de 60 pour cent pour le beurre et les graines oléagineuses et plus de 80 pour cent pour les huiles végétales. Compte tenu d’un plus grand nombred’aléas (fl uctuation des rendements par suite du changement climatique, réduction de l’effet tampon du fait de la diminution des stocks, spéculations des prix), les fluctuations des prix sur les marchés s’accentueront en même temps.

La demande de produits alimentaires se stabilisera à un niveau élevé sous l'effet notamment de la croissance démographique mondiale, de la modifi cation des habitudes de consommation et de l’utilisation des biocarburants. Face à cette situation, la production agricole mondiale augmentera. L’épicentre de la production agricole mondiale continuera de se déplacer vers les pays du sud. À l’horizon 2017, ils devraient arriver en tête pour la production et la consommation de la plupart des denrées alimentaires de base, sauf les céréales secondaires, le fromage et le lait écrémé en poudre. La demande croissante dans les pays du Sud sera en grande partie satisfaite par des importations croissantes en provenance de pays émergents et d’autres pays en développement. Cependant, bon nombre d’agriculteurs des pays en développement ne sont pas reliés aux marchés, et ne tireront guère d’avantages, voire aucun, de la montée actuelle des prix. Pour les pauvres, en particulier dans les zones urbaines des pays en développement importateurs nets de produits alimentaires, la situation va s’aggraver. À l’avenir davantage de personnes souffriront de sous-alimentation. Selon le rapport, il faudra, pour atténuer les retombées négatives sur les très pauvres, davantage recourir à l'aide humanitaire. À long terme, la capacité d’approvisionnement intérieure des pays devra être améliorée par le biais d’investissements réalisés dans l’éducation, la formation et les services de vulgarisation, la recherche et le développement, et l’infrastructure physique.

Les possibilités d’ouvrir de nouvelles surfaces à la culture pour faire face à l’accroissement de la demande sont limitées. Le rapport mise avant tout sur un accroissement de la productivité. Il émet l’hypothèse d’un dollar plus fort par rapport à la plupart des monnaies, ce qui devrait inciter à une production accrue dans ces pays. Ces effets seront néanmoins neutralisés par des prix du pétrole plus élevés et par une augmentation concomitante des coûts de production.

(sri)